ANNETTE LAJON, Une vie d'artiste riche de succès

une grande Dame de la chanson des années 1934 à 1960.

 Sa famille paternelle était originaire d'un village de la Vienne, près de La Chapelle-Viviers (entre Chauvigny et Montmorillon). Son père avait choisi d'aller vivre à Paris où il espérait une existence prospère, ou tout au moins meilleure. Certainement avait il réussi puisqu'il tint un commerce de négoce en vins, proche de la rue de la Convention, dans le 15ème arrondissement. Sa fille Annette, née en 1901, était attirée par la musique et les "musiciens des rues" de l'époque. Encouragée par ses parents, elle fit d'abord des études sérieuses (comptabilité, droit, anglais) qui la conduirent à des postes de direction à la Lloyd's Bank et chez Pathé cinéma. Parallèlement elle suivit des cours de théâtre, et joua en 1924 au théâtre des Champs-Elysées.

 Mais c'est surtout le chant qu'elle étudia. Conseillée par sa belle-sœur, la grande cantatrice Alice Raveau, de douze ans son ainée, elle chanta Werther et Carmen à l'Opéra Comique, et présenta des récitals, en mars et avril 1932, aux Concerts Touche, salle Debussy (8 rue Daru), dont la revue La Semaine à Paris rend ainsi compte:

"Sa voix est d'un beau timbre très pur, assez chaud. Dans la douleur, cela prend une sorte de velouté très séduisant" (17.03.1932). et "Annette Lajon très simple, en longue robe noire, pas de bijoux. Un visage pathétique et des mains expressives... Elle sait mener le jeu subtil des nuances" (18.04.1932).

 Lors d'une représentation à la Salle Pleyel, sa voix séduit un certain Reynaldo Hahn, futur directeur de l’Opéra de Paris, qui lui conseille d'entamer une carrière de chanteuse populaire plus lucrative. D'autant plus que son mari, Maurice Raveau, revenu gazé de la guerre des Dardanelles, doit subir des traitements onéreux.

 

  Pour éviter toute confusion avec sa belle-soeur, déjà célébre internationalement, Annette RAVEAU prit pour nom d'artiste son nom de jeune fille, ANNETTE LAJON.
  C’est dans le sud de la France qu’elle fit ses débuts, à Toulouse semble t’il, et qu’elle se fit connaître avant de revenir à Paris. Sa carrière au music-hall ne démarre que le 5.01.1934 aux Folies-Wagram, au lendemain de l'enregistrement de son premier disque Columbia. Dans le quotidien Le Temps du 2.01.1934, le critique Guy Laborde la dépeint ainsi:
 "La chanteuse qui charme... silhouette élégante et haute, longue robe d'un vert atténué, visage qui est une tache laite limitée par le cercle d'or des cheveux... tête levée, mains unies...".
   Elle passera pendant six mois au cabaret Schéhérazade (3 rue le Liège), tout en étant à l'affiche de l'Européen et de Bobino. Le 17.12.1935 a lieu l'enregistrement de 'L'Etranger" que lui a composé Marguerite Monod . Peu de temps, la môme Piaf, assista à une répétition d’Annette Lajon, et enthousiamée par cette chanson, la copia clandestinement et la répéta pour l’interpréter, sans droits acquis, le soir même au Gerny's, le cabaret de Louis Leplée.   

   

    La version enregistrée d'Annette Lajon, chez Pathé Marconi, fut un grand succès distingué par le grand prix de la chanson française (Prix Candide, devenu prix Charles Cros). Cette chanson fut l'objet d'un litige entre Annette Lajon et la môme Piaf qui rencontra ainsi Marguerite Monod. C'est le début de la grande histoire du succès de celle qui s’appellera désormais Edith Piaf.

(Source SACEM: C'est en 1936 que Marguerite Monod obtiendra son premier succès, "L'étranger", interprété par Annette Lajon, et par Edith Piaf sur un texte de Robert Malleron, et Grand Prix du Disque. Une chanson que, pour la petite histoire, Piaf subtilisera littéralement à sa concurrente, la mémorisant en catimini pendant une répétition pour la créer le soir même au Gerny's et coiffer Annette Lajon au poteau: on ne badine pas avec le répertoire à l'époque! Mais par delà ce titre ("J'ai rêvé de l'étranger / Et le cœur tout dérangé / Par les cigarettes / Par l'alcool et le cafard / Son souvenir chaque soir / M'a tourné la tête..."), c'est surtout avec un univers musical, et pour un compositeur qu' Edith vient d'avoir le coup de foudre, et elle ne va pas tarder à trouver les mots qui lui correspondent).

Dans Radio-Magazine du 14.03.1937 René Bizet écrivit: "Le talent de Mlle Annette Lajon est le plus aimable qui soit. Les chanteuses qui joignent à une voix agréable et timbrée -j'insiste sur cet adjectif- une diction claire, si agréablement mariée à une voix qui pourrait être encore plus charmante sont rares..."     

Jusqu'à la seconde guerre mondiale, la carrière d'Annette Lajon se partage entre le disque et le music-hall. On l'applaudit au Paramount à partir du 26.11.1938, à l'entr'acte du film "La belle étoile", en mars 1939 au Casino Montparnasse, et à Noel de la même année à l'A.B.C. En 1939, la nuit tomba sur notre pays qui entra dans la guerre. Annette Lajon continua sa carrière lui donnant des accents fortement chargés de tristesse et de compassion pour ceux qui étaient au combat. Elle se présente sur la ligne Maginot avec Maurice Chevalier pour apporter un peu de chaleur et de distraction aux « petits gars, les petits kakis ». Durant les premières années de guerre, elle se produit à la radio.

 En 1943, le compositeur Charles Borel-Clerc reçut les paroles d'une chanson écrites par Maurice Dréjac. Très séduit par ces paroles, il travaille trois mois durant et écrit la musique. C'est à Annette LAJON qu'il propose la création de cette chanson. Annette la refuse lui disant " Comment voulez-vous qu'avec une robe blanche du soir, j'annonce "le Petit vin blanc?". Voilà comment Annette LAJON est passée à coté d'une chanson qui allait devenir un énorme succès, qui a traversé le temps et que chantent encore les fêtards autour d'une table.
       

C'est Lina Margy, une chanteuse alors inconnue, qui accepta de chanter la chanson qui fit d'elle une célébrité. Charles Borel-Clerc ose préciser que Lina Margy ne lui en exprima aucune reconnaissance.
        Annette LAJON n'avait pas ce style populaire, un peu fêtard, et n'avait pas voulu interpréter cette chanson qui méritait une touche légèrement "canaille". Dans une Interview radiophonique évoquant ce grand succès que fut "le petit vin blanc",  Charles Borel-Clerc  exprime ses regrets du refus d'Annette LAJON et le peu de reconnaissance qu'eut envers lui Léo Marjane.    

 

Photo ci-contre Charles Borel-Clerc

 

      Une inauguration triste

 

Marie-Joseph Lajon, père d’Annette, était revenu s’installer dans la commune de La Chapelle-Viviers à la fin de la guerre dans sa maison du hameau de La Mongodard. Il y exerça le métier de bouilleur de cru. Son épouse ne l’avait pas suivi, il y vivait seul. Des témoignages le disaient bon vivant. Sa fille Suzanne était mariée à un anglais, elle venait le voir accompagnée de Monique sa nièce et fille d’Annette LAJON. Monique (10 ans) jouait avec Jeannine Kerhir (8 ans). Les filles étaient très espiègles, un jour elle démarrèrent une automobile. C’est leur cousine Suzanne Martin qui avait la garde de Monique.

Un article du quotidien « Le Matin » de l'époque présente Annette LAJON fermière. Il s’agit d’une information sans fondement, ce genre d’article qui vante des qualités agréables et accrocheuses pour les lecteurs qui s’intéressent à la vie privée des artistes qu’on appelaient en ce temps là des vedettes. Annette LAJON, ni son père n’ont possédé une ferme.

Marie-Joseph LAJON fut victime d’un accident la 25 Septembre 1943. Chutant d’une échelle il retomba sur une barrique. Ce 25 Septembre était le jour de l’inauguration de la salle des fêtes de Lussac-Les-Chateaux située à quelques kilomètres. Annette LAJON était là comme artiste vedette de cette inauguration et elle assura son tour de chant. Transporté à l’hôpital de Montmorillon, Marie-Joseph LAJON y mourut d’une fracture du crâne le 28 Septembre 1943. Il fut enterré dans le caveau familial du cimetière de La Chapelle-Viviers acquis par Annette LAJON. En 1944 Annette LAJON était au mariage de Solange, la sœur de Suzanne Martin, avec Robert Ligaud. Elle était accompagnée de son ami, un certain M. C. qui avait été collaborationniste et s’était rallié au Gaullisme? Choix judicieux car il mena une belle carrière politique. C’est cet ami avec lequel elle sera confrontée en justice, accusée d’avoir volé des meubles qui lui appartenaient dans son appartement du Quai Branly? Elle fut relaxée en appel. La maison de son père à La Mongodard fut vendue par Annette en 1954. C’est à cette occasion qu’elle fit sa dernière virée à La Chapelle-Viviers accompagnée d’un nouvel ami dans un cabriolet rutilant. C’est dans le caveau qu’elle avait fait construire pour son père qu’elle fut inhumée en 1984.

 

En juin 1944, Annette LAJON disparut de la scène et des radios. Cette absence fut une énigme que beaucoup interprétèrent mal. Elle rejoint le maquis et la résistance dans la Vienne, près de La Chapelle-Viviers, creuset familial de ses ancêtres (et lieu de sa sépulture).  Annette LAJON a rejoint le groupe "Maquis Crespin". (V.R.I.D. Vienne-Résistance-Internement-Déportation donne les renseignements sur ce groupe de maquisards). Le groupe de maquis "Crespin" se forma dans la région de La Chapelle-Viviers, fin juillet 1944, à partir d’un petit recrutement de quelques volontaires de cette région. Après les combats des 4 et 5 août, ce groupe fut renforcé par une cinquantaine de volontaires venus du groupe "le chouan" dont le Lieutenant Ribreau dit "le Caid" qui prit le commandement de ce groupe qui comptait à la Libération 120 hommes. Ce maquis participa avec d’autres groupes aux combats et défense des passages de la Vienne entre Cubord et Chauvigny. Il opéra à Savigny- l’Evescault et Bonnes.
C'est dans ce groupe de combattants qu'opéra Annette LAJON délaissant sa carrière d'artiste en vogue pour servir sa patrie et la libérer de l'occupant nazi. Elle était l'une des deux femmes agents de liaison de ces combattants qui faisaient parties s composantes du groupement de maquis mené par Robert Artaud (alias lieutenant-colonel Amilcar).

 

 

La paix revenue elle fut victime du Comité d' Epuration qui lui infligea une interdiction d'exercer ses activités d'artiste populaire durant une année. Cette sanction de la commission d'épuration du 31 juillet 1945 semble avoir fait suite à des accusations infondées qui prétendaient qu'à la fin de la guerre elle s'était enfuie en Allemagne, à Sigmaringen, en compagnie du collaborationniste notoire, dirigeant des services de propagande de Pétain, Jean Luchaire. Au contraire, elle s'était bien engagée dans la résistance. Nous disposons d'un remarquable témoignage d'un combattant, Raymond Ditchen, qui est le sujet d'un livre écrit par Christian Richard, historien, grand spécialiste de la résistance dans la Vienne.   
 

 

         La Bicyclette bleue

Pour assurer la liaison entre les groupes du maquis Amilcar Annette LAJON se déplaçait à bicyclette. Un beau vélo qu’elle avait ramené de Paris et qu’elle laissa à son départ. Son alias de résistante était Cartacalha, nom de l' héroine du film du même nom interprété par Viviane Romance qui pour la chanson avait été doublée par Annette. Jeanine Foucher, cousine d’Annette se souvient de ce vélo avec ses grandes sacoches qu’elle vit ensuite utilisé par une autre femme qui dîna et passa une nuit chez ses parents, Jeanine et Yves, puis reparti le lendemain matin.

Nulle part la couleur de cette bicyclette n’est indiquée. Pour moi elle était bleue. Annette LAJON et Régine Deforges étaient amies. Originaires du même arrondissement (Montmorillon), du même coin de France et célébrités se côtoyant à Paris, Régine Deforges connaissait bien le passé de résistante d’Annette LAJON qui lui avait conté ses aventures d’agent de liaison en juillet 1944. C’est peut-être là le point de départ de ce roman, devenu succès littéraire que fut La Bicyclette bleue.

 

Dès le 27.01.46  Annette LAJON était en couverture de la Semaine Radiophonique et Germaine Ramos écrit: "Elle nous revient après avoir subi des épreuves aussi cruelles qu'injustes...". On la vit en concert à Châtellerault dans la Vienne, près de ses lieux d'engagement avec le maquis. Ce détail prouverait que la sanction d'une année sans activité aurait été revue,  et qu'elle aurait été innocentée des accusations portées sur elle puisque six mois seulement venaient de s'écouler.

Sa carrière prit alors une demi teinte. Son absence obligée des scènes et des radios après la Libération, fut très dommageable à sa notoriété. Quelques radios, quelques concerts, Annette LAJON ne réapparut vraiment qu’en 1955, au programme du mythique music hall « Concert Pacra », accompagnée au piano par Marguerite Monod. Vingt années étaient passées depuis le premier succés "l'Etranger", vingt années de collaboration fidèle entre la chanteuse et la compositrice. Mon grand oncle, qui habitait et travaillait dans le onzième arrondissement de Paris, se rendit à ce spectacle de sa cousine au "Concert Pacra", avec l’envie de nouer des liens familiaux naturels qu’ils n’avaient jamais connus. Annette Lajon, entourée de son monde d’artistes, n’avait pas pu répondre à l'attente de mon grand-oncle qui constata que sa cousine vivait dans un milieu, dans un monde, très différent du sien.

Rien n'a changé aujourd'hui, les artistes vivent toujours différemment du reste de la société, avec leurs extravagances, leur mégalomanie, leurs inquiétudes. Tous amis lorsqu'ils sont ensemble, mais souvent jaloux, rivaux dès qu'ils sont confrontés à leur solitude, à leurs doutes. Annette LAJON n'échappait certainement pas à ces travers, à ces faiblesses. 

                
 Les évolutions techniques et artistiques dans le métier, les générations plus jeunes, et les vedettes montantes de l’époque comme Jacqueline François, Mathé Altéry, Annie Cordy, Line Renaud, avec la prédominance du succès d’Edith Piaf, mirent en réserve bien des artistes d’avant guerre. Annette Lajon arrêta sa carrière d'artiste en 1961 pour se lancer dans les  affaires, une agence immobilière franco-espagnole, et l'import-export semble t'il?

 

 

 Je suis arrivé à Paris en 1962. J’avais toujours été très intéressé par la chanson française, mais les années 60 furent une révolution pour celle-ci avec l’arrivée d’une vague artistique nouvelle, jeune, qui balaya rudement les « anciens ». La discographie des artistes d’avant 1960 ne fut plus rééditée, les vieux music-halls fermèrent et les radios ne les diffusèrent plus. La chanson à Paris s’exprimait désormais à Bobino pour les chanteurs à texte (Ferré, Brassens, Ferrat ..), à l’Olympia pour ceux qui remplissaient une salle de 1200 spectateurs (Bécaud, Aznavour,  .. et la vague « Yé-Yé » rejointe, puis dépassée, par la chanson, la musique anglo-saxonne).  A partir de 1981, j’ai été associé à la création d’un Café-concert (Les Trottoirs de Buenos-Aires) et j’ai exercé des activités dans les milieux de la chanson et du spectacle. Annette Lajon restait pour moi une énigme dont je connaissais trop peu. Je n’avais jamais entendu sa voix.

J'ai commencé une recherche d'informations sur sa vie, et j'ai essayé de retrouver ses enregistrements chez les collectionneurs, chez les bouquinistes des quais de la Seine, aux Puces ...  Il fallut un hasard incroyable pour qu’un dimanche de 1983, en balade sur les Champs-Elysées, je sois entré chez Lido-Musique pour fouiller les rayons des rééditions de la chanson française, et que je tombe sur une pochette de 33 tours que je saisis et que je tirai vers moi. Je lus un grand A, suivi d’un grand N, puis d’un deuxième N, ...  et à la fin de ma prise en main, je vis avec surprise et émotion le nom d' ANNETTE LAJON.  C’était une réédition toute chaude de 14 chansons. Au verso de la pochette, il y avait un texte élogieux de Roland Forez. Ma première écoute fut la découverte de cette voix séduisante, mais également la confirmation d’une artiste très sensible et raffinée. Rien de théâtral et de trop mélodramatique dans l’expression comme on le ressent avec Damia, mais beaucoup de retenue, tout dans la justesse et la sobriété. J’aurais aimé en savoir plus sur Annette Lajon qui était alors âgée de 82 ans. J’ai fait des recherches, je ne savais pas si elle était encore vivante. Pas d’Annette Lajon sur l’annuaire téléphonique parisien.

En 1984, je parvins à joindre Roland Forez par téléphone et je lui fis part de mon souhait de rencontrer Annette Lajon. « Hélas me répondit-il, c’est trop tard, elle est décédée le mois passé ». Il me dit la grande estime et l’amitié qu’il éprouvait pour Annette Lajon. Elle avait  vécu avenue de Versailles, à Paris dans le 16ème arrondissement, j'habitais le 15ème! Je ne l’ai donc jamais connue, et les années qui suivirent ne firent qu’estomper toujours plus l’empreinte de sa carrière artistique. Jusqu’au jour où la mode des sonneries téléphoniques s’est attaquée à des chansons anciennes, et a réveillé certaines de ma cousine comme « chanson gitane », et jusqu'à tout récemment avec la mise en ligne des chansons d’Annette Lajon sur internet via des sites musicaux très spécialisés. Voilà comment avec un click sur les liens suivants vous pourrez découvrir Annette LAJON et ses chansons : 


Sur les plateformes Deezer ou Spotify  il suffit d'entrer ANNETTE LAJON dans la zone recherche pour accéder à ses titres. (Il est généralement nécessaire de s'inscrire sur ces site pour les consulter en versions gratuites)

L’écoute doit situer l’époque des enregistrements. Certes le chant et la musique ont aujourd’hui un caractère qui semble vieillot ! C’était le style de chant de l'époque de la chanson qualifiée de réaliste. Il s’agissait d’une manière de chanter qui datait de la première moitié du siècle précédent. Les enregistrements étaient gravés sur des disques de cire qui tournaient à 78 tours/minute. Le disque plat ne date que de 1887 ! Il faut attendre 1947 pour que soit inventé le microsillon qui permettait une reproduction plus fidèle et une forte atténuation du bruit de fond. Le long play 33 tours permit aussi d'enregistrer une gamme de fréquences plus étendue et de mieux restituer la musique et la voix.  La particularité d'Annette LAJON est, dès ses premiers enregistrements, de se situer dans un style très personnel, et nouveau, qui est intermédiaire entre celui d'avant-guerre et celui d'après-guerre. En cela elle fut  novatrice. Elle dépoussièrait la chanson populaire dans son expression passée, souvent  faite d'excès pour accentuer les effets mélodramatiques recherchés avec exagération. On remarque vite les qualités vocales très subtiles, l'étendue remarquable et facile de son registre, et la couleur chaude et profonde de la voix d'Annette LAJON . On devine un don naturel, une voix exceptionnelle qu'elle avait bien travaillée, grâce à l'enseignement de qualité que lui fit Alice RAVEAU, mais qui avait certainement déjà toutes les qualités d'une chanteuse d'exception.

 

 

 La présence  d'Annette LAJON est signalée à Menton durant l'été 1961; elle séjournait à l'hôtel Méditerranée. C'est là qu'un jeune homme, Jean-Marc Brige, chantait tous les soirs. Elle fut séduite par sa voix, lui proposa, et lui obtint, un rendez-vous chez Vogue à Paris.  En décembre 1961, avec sa mère, Jean-Marc Brige se rendit à ce rendez-vous. La pluie était très forte, en route ils se réfugièrent sous l' auvent du 42 rue du Paradis. C'était le siège des disques Odéon. Il entra et demanda une audition. Il fut engagé sur le champ. Pierre Hiégel lui fit signer un contrat de deux ans. C'est ainsi que commença la carrière de Billy Bridge,  qu'on surnomma le prince du Madison! 

 

 

Hommage de Roland FOREZ qui figure sur le disque de 14 chansons  PATHE MARCONI EMI Réédition de 1982 :

 

Une longue silhouette drapée d’une robe « BLEU FRANCE », un fin visage auréolé de boucles dorées, c’était vous… Annette LAJON… entre 1936 et 1944… que votre public retrouve aujourd’hui… grâce à la magie du microsillon… Ce public a quelques années de plus .. mais il retrouve sa jeunesse avec vos refrains légers… ces chansons si simples et si faciles à retenir et que l’on va fredonner encore longtemps.

« on s’aimerai quelques jours »…

« sur la route qui va… »

« j’ai perdu d’avance »…

Paroles et musiques si simples qu’on a l’impression de les avoir toujours connues…

Après que les projecteurs de l’ALHAMBRA se fussent éteints en 1944… vous avez disparu. La Résistance vous avait accaparé, dans le maquis de la Vienne, avec le Colonel Petit, alias Colonel Claude… Ce public qui vous aimait ne le savait pas… et vous avez abandonné une carrière qui avait commencé dans la gloire avec « l’ETRANGER », grand prix du disque CANDIDE en 1936, plébiscité par les plus grandes personnalités de l’époque dont Colette, MAURICE YVAIN, GUSTAVE CHARPENTIER, EMILE WUILLERMOZ.

Et pourtant rien ne vous destinait à devenir vedette de la chanson populaire… à l’ABC… à l’ETOILE… à BOBINO, L’EUROPEEN… et L’ALHAMBRA, L’OPERA COMIQUE vous attirait et vous avez chanté ‘Charlotte » de Werther… et CARMEN…

Mais avant 1936… vous avez rencontré un jour REYNALDO HAHN qui était amoureux de votre voix et vous a dit : « ANNETTE, chante pour un public qui aime la chanson… chante ces ritournelles qui font vibrer les cœurs… ces chansons simples qu’aimait PAUL VALERY… et où chacun retrouve ses états d’âmes… ses solitudes… ses amours…

Et vous l’avez compris… et vous avez apporté à ce public qui va vous retrouver… toute la tendresse de voix en MEZZO LEGER, et votre cœur.

 

… la chanson n’a pas d’âge… vous non plus… Vous entrez en scène… Les projecteurs s’allument…

Voici « ANNETTE LAJON ».

                                                                            (Roland Forez, Septembre 1982)

 

               

                        

DOCUMENTATION COMPLEMENTAIRE :

***  Accès  (sources privées) 

 

D'autres informations certainement très intéressantes seront régulièrement mises en ligne sur cette page. Grâce à cette page bien consultée, j'ai en effet reçu un message  d'un petit neveu d'Annette Lajon, descendant du coté de la soeur du mari d'Annette, qui m'a proposé de mettre à disposition des informations et des documents. J'ai également sympathisé avec Christian RICHARD, historien spécialiste de la Résistance dans la Vienne, qui possède des informations très intéressantes sur Annette LAJON, sur sa présence dans le maquis, avec un témoin au parcours impressionnant qui est le héros de son livre en cours d'écriture. Je félicite et je remercie Christian D-R de ses contributions précieuses pour la mémoire d'Annette LAJON, qui fut une très grande artiste populaire, trop oubliée, victime dans sa carrière des évènements terribles des années 40. 
    Peut-être parmi les lecteurs de cette note y en a t'il un qui détient quelques connaissances sur Annette Lajon, via une relation familiale, ou les récits en provenance d'une personne qui a connu le milieu de la chanson dans les années 1920-1965? Je suis bien sûr très curieux d'apprendre encore plus sur ma cousine Annette Lajon. Ces informations seront bien reçues à l'adresse de courriel    christian.lajon@laposte.net

                                                                                                                                                                        Christian LAJON        02/2013                                                                                                                                              

 


                    ANNETTE  LAJON (1901 - 1984)        Photos et  Documents inédits

Beaucoup de ces documents appartiennent à Christian D-Raveau, petit-neveu d'Annette LAJON qu'il a bien connu, et dont il garde des souvenirs précieux. Christian D-Raveau est petit fils du frère de Maurice Raveau, le mari d'Annette LAJON. Il fut en grande partie élevé par ses grands parents maternels, Marie et René Raveau, proches voisins d'Annette LAJON et Maurice Raveau. Christian D-Raveau m'a transmis ses souvenirs, ses anecdotes sur sa grand'Tante Annette LAJON,  grande artiste, personnage fascinant, attachant, une vie dont on aimerait en savoir encore plus.
Avec Christian D-Raveau je poursuis mes investigations, beaucoup de surprises restent à découvrir. Ceux qui pourraient nous aider seront bienvenus et reçus avec attention, ils peuvent nous contacter à l'adresse de courriel: christian.lajon@laposte.net

 

C'est dans un petit hameau de la Commune de La Chapelle-Viviers que vivaient les ancêtres d'Annette LAJON.
Lors de la débâcle de 1940, la famille de Maurice Raveau, mari d'Annette LAJON, à l'arrivée de l'envahisseur nazi, se réfugia dans le hameau de La Chaume près de La Chapelle-Viviers (Juin-Juillet1940).
Annette LAJON y avait certainement plus que des souvenirs pour indiquer ce refuge à sa famille. C'est également là qu'en juin 1944 elle vint se joindre au groupe de maquisards Crespin pour assurer les services d'agent de liaison. Le petit-neveu de Maurice Raveau et d'Annette LAJON, Christian D-Raveau, se souvient de son séjour d'exode à La Chapelle-Viviers ,et de l'accueil, de l'hébergement, chez des connaissances de sa grande-tante.

 

 

MARIAGE

  Les parents de Maurice Raveau, mari d'Annette LAJON, étaient originaires d'Issoudun dans l'Indre et avait émigré à Paris au début des années 1900. Ils habitaient dans le XVème arrondissement, tout comme les parents d'Annette LAJON. C'est donc là qu'ils se connurent et se fréquentèrent. Après son retour de la guerre des Dardanelles Maurice et Annette se marièrent. Il eurent une fille, Monique Raveau en 1928.
   
  Cette photographie montre un niveau social aisé. Annette LAJON a choisi une tenue de mariée à la foi élégante et imposante.

   Cette photographie est l'oeuvre d'un grand photographe parisien, elle a été prise dans son studio. . .


Vacances familiales à Saint-Laurent-sur-Mer (Calvados)
vers 1927-1928

 

 

Cette photo transmise et annotée par Christian D-Raveau montre la famille Raveau en vacances d'été.

La petite fille dans les bras de l'arrière grand-mère de christian D-Raveau est certainement Monique, la fille de Maurice Raveau et d'Annette LAJON.

 

ALICE RAVEAU

 

Alice RAVEAU, née le 8 Aout 1884 et décédée le 13 Mai 1945 à Paris était la belle-soeur d'Annette LAJON. Elle fut à l'origine de la carrière de chanteuse d'Annette.

Célèbre cantatrice elle avait étudié le chant et l'opéra au Conservtoire National de Paris avec Alexandre Dubulle, élève du célèbre Louis-Henri Obin. Elle fit ses premières représentations en 1908 à l'Opéra Comique dans le rôle d'Eurydice de l'Opera de Gluck "Orphée et Eurydice". Rôle qui marqua sa carrière et la rendit célèbre.
Après de nombreux rôles à l'Opéra et dans les grands théâtre de France elle choisit à partir de 1929 de se consacrer aux Récitals interprétant les oeuvres de Debussy, Chausson, Duparc, Fauré, ... Elle fut l'une des plus célèbres chanteuses de la chanson classique française.

C'est elle qui donna des cours de chant à Annette LAJON et qui lui ouvrit une carrière de cantatrice. Deux artistes du chant classique et de l'Opéra avec des noms semblables pouvait prêter à confusions, Annette RAVEAU choisit alors de reprendre son nom de jeune fille comme nom d'artiste "Annette LAJON".

 

Monique RAVEAU


Monique, fille d'Annette LAJON et de Maurice Raveau avec ses amies de pensionnat. Comme beaucoup d'enfants d'artistes, Monique vécut peu auprès de sa mère très occupée par ses enregistrements, ses répétitions, trop souvent absente et en déplacement pour ses spectacles et ses  galas.

Il semble que Monique Raveau se soit installée en Suisse pour ensuite partir en Amérique du Nord où elle aurait fait une carrière réussie dans le domaine de la danse. Etait-ce aux Etats-Unis ? Ce serait plutôt au Canada, au Quebec.  

Arbre Généalogique transmis par Christian D-Raveau

 

 

 

 

 

 

 

 

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